Cette forme spécifique, et en même temps intégrative d'accompagnement des personnes et des organisations qu'offre le coaching, s'occupe plutôt "du dessus de l'iceberg" : le coach et son client focalisent leur travail sur "lici et le maintenant" de la problématique professionnelle ou managériale : il s'attache à élargir le champ des possibles, sans plonger sous la "surface de flottaison", c'est-à-dire sans nécessairement chercher à entrer dans les structures sous-jacentes liées à l'histoire passée, à la psychologie profonde ou ) la vie intérieure des personnes/
La spécificité du coachingBien sûr, le passé peut être évoqué, de même que les problèmes d'ordre psychologique. C'est même nécessaire si l'on veut susciter un changement profond - c'est-à-dire un changement dans lequel la personne remet en question son cadre de référence, son système de valeurs et de représentation du monde, ses schémas de pensée et d'action, et pas simplement ses comportements.
Mais le coaching n'a pas pour objet premier la réparation. Contrairement à ce qui se passe dans un travail thérapeutique, il ne s'agit pas d'opérer un retour en arrière dans l'histoire du sujet. La relation d'aide se déploie plutôt dans un processus d'actualisation de l'histoire et de préparation du futur pour la personne coachée.
L'éclairage de la thérapiePour autant, la pratique du coaching a beaucoup à gagner de l'expérience de la thérapie. A l'instar du thérapeute, s'il veut que l'accompagnement soit pertinent, qu'il "sonne juste", le coach doit constamment veiller à détecter les phénomènes susceptibles de le parasiter, puis procéder aux réajustements nécessaires. Tout en focalisant la relation d'aide sur le dessus de l'iceberg, il demeure attentif à ce qui se joue sous la surface entre son client et lui-même. Le coach y parvient en mobilisant des ressources initialement développées dans le champ de la thérapie : l'intelligence émotionnelle, la mise en oeuvre de ce que j'ai appelé la "troisième écoute"(1), ou encore d'outils de diagnostic intégratifs tels que les bio-scénarios. Tout au long du travail d'accompagnement, cela lui permet de déjouer les pièges de la répétition inconsciente de traumas, de scènes, de problèmes, de rôles vécus ailleurs et en d'autre temps. C'est ainsi que la relation redevenue "juste" peut constituer réellement le lieu d'une co-élaboration de solutions rétablissant la personne dans sa liberté, sa responsabilité et son choix des possibles.

(1) Au-dela de la "première écoute" de l'autre (la prise en compte du discours verbal) et de la "deuxième écoute" (la prise en compte des messages non verbaux et corporels-voix, gestes, expressions faciales, etc.), la "troisième écoute" réside dans l'écoute de soi-même (corps, émotions, fantasmes et comportements) qui est source d'information sur soi en tant que récepteur de ce que l'autre émet inconsciemment.

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